Blog

Hamon-dictionnaire-amoureux-des-iles

Où l’on apprend que les îles, derrière l’horizon, peuvent être des havres de paix, des paradis sublimes, des royaumes despotiques aux relents d’exotisme. Ces morceaux de terre convoités des peuples et des pirates, habités d’indigènes ou de mécréants, sont toujours empreints de mystères, d’histoires rocambolesques, de légendes et de mythes.

Carte d’Alain Bouldouyre

Quelles soient atolls aux lagons de rêve, îlots aux trésors cachés, geôles sans retour, quelles soient florissantes ou désertiques, habitées ou inoccupées, accueillantes ou arides, sédimentaires, volcaniques ou coralliennes, quelles soient au ras de l’eau ou des falaises abruptes, ce sont toujours des univers extrêmes, des espaces singuliers et insolites, qui peuvent être merveilleux ou hostiles, paradisiaques ou dangereux.

Hervé Hamon, voyageur, cinéaste et « écrivain de marine » raconte, dans son dictionnaire amoureux des îles, de A à Z, celles qu’il a visitées, conte leurs histoires insolites, relate ses rencontres. Au gré des îles, il est tour à tour géographe, anthropologue, historien, philosophe, sociologue.

Jean Louis Pélissier

Résumé

Ce n’est pas parce qu’il a bourlingué, du Groenland à la Polynésie, du Japon au Chili, qu’Hervé Hamon est un collectionneur de cartes postales. Et ce n’est pas parce qu’il aime naviguer que les cocotiers et le sable blanc le fascinent.
L’île, avant l’île, c’est le voyage vers l’île. Avec tous les imaginaires inimaginables. Celui du conquérant, de l’exilé ou du migrant, du naturaliste ou du missionnaire, du négrier ou du pirate, celui du déporté, celui de qui se rêve roi d’un monde pur. Celui qui quitte une île pour une autre.
Les îles ne sont pas des navires à l’ancre mais des montagnes émergées, quand bien même elles ne dépassent que de quelques mètres. Elles sont la plaque sensible de notre monde cerné d’eau, elles racontent nos convoitises, nos guerres, nos croyances, nos espoirs. Elles nous parlent d’écologie et de mondialisation autant que de distinction et de solitude.
Ce dictionnaire amoureux des îles va de Fred et de Philémon sur le A d’océan Atlantique, à Robinson sur Juan Fernandez (où Defoe, du reste, n’a jamais mis les pieds). Un Dictionnaire amoureux qui marie l’Odyssée et le plus contemporain de notre actualité, Thomas More et les archipels menacés par le réchauffement climatique. On vagabonde, on rêve, on frissonne, on se souvient. Les îles pourraient bien être chemins de vérité.
Source Babelio

Extrait

L’île, ça commence avant l’île. Bien avant. Qu’on soit îlien, continental, marin, aventurier, naufragé, pirate, migrant, guerrier, touriste, commerçant, poète, pêcheur ou prêtre. L’île, c’est d’abord le voyage vers l’île, voyage qui a toutes les saveurs possibles, du saignant au suave, de l’incertain au familier.Encore le terme « voyage » est-il, lui-même, affreusement équivoque.


Ont voyagé des hommes, des navigateurs, qui ne possédaient qu’une carte très grossière, et ne flairaient l’approche de l’île que par un parfum de l’air, et par les oiseaux connus ou inconnus. Laquelle approche signifiait peut-être de l’eau fraîche, de la viande et des fruits, peut-être des femmes nues, et peut-être des dangers mortels, des écueils, des populations hostiles, des serpents, des animaux inouïs.

Les marins portaient sur le papier, à l’estime, la trace probable de cette terre et, parfois, devaient se contenter d’une conjecture, car ils ne la trouvaient pas. D’autres, après eux, renouvelaient l’expérience jusqu’à l’apercevoir, la décrire, la baptiser, jugeant que son existence commençait avec eux. Et je ne parle pas de ceux qui naviguaient sans carte aucune, qui égrenaient des nœuds savamment et empiriquement assemblés, affinant l’entrelacs de leurs savoirs, leur connaissance des vents et des courants.


Ont voyagé des hommes, des femmes, et aussi des enfants, qui étaient rejetés, contraints de partir à l’aventure, ou bien que dévorait l’appétit de conquête, qui étouffaient sur leur propre île, leur archipel insuffisant, coincés entre mer et montagne, entre vagues et volcans, et qui prenaient le large pour déchirer l’horizon, qui rêvaient de plaines, de steppes, d’espace. Quitte à tuer, à forcer le passage, à dominer et asservir. D’île en île, d’île en continent, la volonté de survie, ou de puissance, ou des deux, fut assez forte pour risquer la pire des morts et la donner. (Editions Plon)

Biographie

Extraite du site https://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_Hamon

D’abord professeur de philosophie pendant cinq années, il démissionne de l’Éducation nationale pour se consacrer à l’écriture. Journaliste quelque temps à Politique hebdo, il amorce ensuite, avec Patrick Rotman, une carrière d’écrivain enquêteur. De cette association naissent des ouvrages qui sont couronnés de succès : Les porteurs de valises, La deuxième gauche, Tant qu’il y aura des profs, Génération, en deux tomes (Tome 1 : Les Années de rêve, Tome 2 : Les Années de poudre), Tu vois je n’ai pas oublié (biographie d’Yves Montand).


D’un commun accord, Hamon et Rotman décident de travailler en solo après 1991.
Hervé Hamon publie une enquête sur les médecins puis bifurque vers des travaux plus littéraires et personnels où la mer occupe une grande place (Besoin de mer, L’Abeille d’Ouessant, Le livre des tempêtes). Après Le vent du plaisir, essai autobiographique, il revient à l’enquête avec Tant qu’il y aura des élèves où il revisite, vingt ans après, l’enseignement secondaire public.

Il est élu, en 2005, écrivain de Marine. En 2006, il quitte les éditions du Seuil auxquelles il a été fidèle pendant 23 ans et s’en explique publiquement. En 2007, il publie son premier roman, Paquebot, aux éditions du Panama, et, en 2009, il évoque la « condition provinciale » avec Toute la mer va vers la ville (Stock). Au printemps 2010, à la demande des Éditions Dialogues.fr (parutions papier et numérique confondues), il rédige douze nouvelles, La diagonale du traître.


En mai 2011, il revient au roman avec Comédie musicale, évocation aigre-douce de la chasse aux sorcières, à Hollywood, dans les années 1950. En 2013, il abandonne toute activité d’éditeur, renoue avec le Seuil dont Olivier Bétourné est devenu le PDG, et publie au mois d’avril Ceux d’en haut, une saison chez les décideurs, « voyage » libre chez les grands patrons et les arbitres du jeu politique. Il donne au printemps 2015 un nouveau roman d’aventures où l’on retrouve les personnages de Paquebot : Pour l’amour du capitaine. En 2017, il publie chez Tohu Bohu (l’éditeur est Jacques Binsztok, vieux compagnon de route du Seuil) Prévert l’irréductible, Tentative d’un portrait.

En 2018, à l’occasion du cinquantenaire de Mai 1968, il confie aux Éditions de l’observatoire un court essai dont l’humour et l’insolence ne sont guère absents : L’Esprit de Mai.

Jean Louis Pélissier est l'auteur des deux romans "Sabiduria, l'île de la sagesse" et "Te Pito Kura, l'île de lumière" parus chez Les Éditions Sydney Laurent.

Laisser un commentaire