Deniau-mer-ronde

Où l’on apprend que Jean François Deniau est un inconditionnel de la mer. Amoureux du vaste Océan, il sublime l’art de vivre sur l’eau. Les bateaux à voiles guident les instants de sa vie. Cette homme possède la sagesse des hommes de mer qui aura sans doute orienté son existence de juriste, de politique et d’écrivain. Son style est sobre, élégant et direct. C’est celui d’un homme raffiné et réfléchi, simple et brillant. Un livre « La mer est ronde » a lire absolument.

Deniau et Tabarly en discussion.
Photographie © Jacques VAPILLON

Extrait

« La mer est ronde » page 49

Pas de bruit. On part. Pour qui va en mer, c’est la règle. Trop d’impétuosité, de forfanterie, et la punition sera sévère, rapide. Qui a oublié qu’un bateau sans erre se couche sous la risée et dérive latéralement, pour avoir bordé trop tôt et trop impérativement, se verra empêtré dans le gréement de son voisin, la bôme dans les haubans, maudit et ridiculisé. Non, l’écoute à la main, doucement, très doucement prendre le vent, arrondir la toile… Non pour le départ, silence, respect. »

« La mer est ronde » page 123

Quitter la côte, la voir se fondre à l’horizon avec le banc de nuages ou de brume, et puis, peu à peu, en voir émerger une autre là où on l’attendait, font parties des plaisirs de la mer. Le plus beau paysage, c’est 360° d’horizon, c’est à dire seulement la mer. Plus changeante que le ciel, ses nuages et ses constellations : plus parlante que tous les dialogues de théâtre, chaque vague et chaque couleur ayant son mot à dire et son message. Mais la beauté ne veut pas dire le bonheur. Le bonheur n’a pas la forme de la mer, il a celui d’une île, d’une île au loin… »

Bateau à voile dans l'entrée du Golfe du Morbihan.
Photographie Jean Louis Pélissier

Résumé « La mer est ronde »

Amateur, cela veut dire « qui aime », et c’est bien de cela qu’il s’agit. J’aime la mer et j’aime être en mer. J’aime partir, larguer l’amarre et passer les feux ; j’aime naviguer, voir le vent tourner, la brise adonner, le ciel changer, la mer se former et se déformer ; j’aime le bouillon chaud dans le thermos au pied du barreur et l’étoile qu’on prend un temps pour cap la nuit, entre hauban et galhauban ; j’aime quitter une côte de vue, et, après un jour, huit jours, un mois, en voir apparaître une autre, qu’on attendait ; j’aime arriver, entrer, mouiller, et quand tout est en place, fixé, tourné, amarré, ferlé, rabanté, être à terre ».
Je suis un amateur. » Jean François Deniau.

Biographie

© gamma

Docteur en droit et énarque, il est l’un des rédacteurs du Traité de Rome. Il a été aussi ambassadeur, secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères et ministre du Commerce extérieur, puis des Réformes administratives, ensuite député au Parlement européen et a souvent servi d’émissaire officieux de la France.
Il est l’auteur d’essais, récits et romans, comme « L’Europe interdite », « Un héros très discret », « Mémoires de 7 vies », « Le Bureau des secrets perdus », sur l’affaire Dreyfus, ou encore « Le grand jeu ». Élu à l’Académie de Marine en remplacement d’Éric Tabarly. Il fonde en 2003 le groupe des « Écrivains de Marine », qui lui a valu le « Grand Prix de la Mer » en 2004. Il était Grand officier de la Légion d’honneur.

Source : tf1.lci.fr

Jean Louis Pélissier est l'auteur des deux romans "Sabiduria, l'île de la sagesse" et "Te Pito Kura, l'île de lumière" parus chez Les Éditions Sydney Laurent.

Laisser un commentaire