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François Cheng : De l’âme

Où l’on apprend par François Cheng, poète, romancier et académicien, qu’« il est essentiel de retracer pour soi ou en le partageant, l’itinéraire de son âme qui est notre vraie vie ». La grande érudition, littéraire, poétique, philosophique de François Cheng nous amène à s’interroger et à explorer les mystères de l’âme.
Comme le dit fort bien Laurence Houot (Rédactrice Culture France Télévisions) :  » Il n’assène aucune sentence, n’affirme rien, mais invite le lecteur à l’accompagner sur le chemin de sa pensée, nourrie du dialogue avec sa correspondante « amie », mais aussi avec tous ceux qui, à travers les mots, la peinture, la musique, ont exploré depuis la nuit des temps les mystères de l’âme. Une pensée portée aussi par la beauté du monde.  »
Et encore :  » « De l’âme » n’est ni une encyclopédie, ni un précis sur l’âme, mais un vagabondage vivifiant et apaisant, que le lecteur a le sentiment d’arpenter en bonne compagnie ». « 

Crédits photographiques : Francois Cheng en 2016. Photo Patrice NORMAND/Leemage

Extrait

Lorsque j’ai reçu votre première lettre, chère amie, je vous ai répondu immédiatement. Avoir de vos nouvelles plus de trente ans après m’a procuré une telle émotion que ma réaction ne pouvait être qu’un cri instantané.

Votre deuxième lettre, que j’ai sous les yeux, je l’ai gardée longtemps avec moi, c’est seulement aujourd’hui que je tente de vous donner une réponse. La raison de ce retard, vous l’avez sans doute devinée, puisque votre missive contient une singulière requête : « Parlez-moi de l’âme »…

Votre phrase : « Sur le tard, je me découvre une âme », je crois l’avoir dite à maintes reprises moi-même. Mais je l’avais aussitôt étouffée en moi, de peur de paraître ridicule. Tout au plus, dans quelques-uns de mes textes et poèmes, j’avais osé user de ce vocable désuet, ce qui sûrement vous a autorisée à m’interpeller. Sous votre injonction, je comprends que le temps m’est venu de relever le défi…

François Cheng, De l’Âme, Albin Michel, 2016, 162 p.

Biographie

extraite du site de l’Académie française : www.academie-francaise.fr/les-immortels/francois-cheng

Né le 30 août 1929, en Chine pendant la guerre civile, François Cheng est issu d’une famille de lettrés et d’universitaires . La guerre terminée, la Chine sombre peu après dans la guerre civile qui jeta la jeunesse dans le désarroi ou la révolte. Après un temps d’errements, il entre à l’Université de Nankin.

Début 1948, son père participe, en tant que spécialiste des sciences de l’éducation, à la fondation de l’UNESCO, grâce à laquelle il peut venir en France. Il se consacra à l’étude de la langue et de la littérature françaises. Il obtient en 1960 un emploi stable au Centre de linguistique chinoise. Parallèlement à son travail, il s’est employé à traduire les grands poètes français en chinois et à rédiger sa thèse de doctorat.

En 1969, il a été chargé d’un cours à l’Université de Paris VII. À partir de là, il mènera de front l’enseignement et une création personnelle. Il sera naturalisé français en 1971. En 1974, il devient maître de conférences, puis professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales, tandis que ses travaux se composent de traductions des poètes français en chinois et des poètes chinois en français, d’essais sur la pensée et l’esthétique chinoises, de monographies consacrées à l’art chinois, de recueils de poésies, de romans et d’un album de ses propres calligraphies.

Il se verra attribuer le prix André Malraux pour Shitao, la saveur du monde, le prix Roger Caillois pour ses essais et son recueil de poèmes Double chant, le prix Femina pour son roman Le Dit de Tianyi et le Grand prix de la Francophonie pour l’ensemble de son œuvre. Docteur honoris causa de l’université de Bergame (Italie) et de l’Institut catholique de Paris (2007).

Il a été élu à l’Académie française, le 13 juin 2002, au fauteuil de Jacques de Bourbon Busset (34e fauteuil), et reçu le 19 juin 2003 par Pierre-Jean Rémy


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Jean Louis Pélissier est l'auteur des deux romans "Sabiduria, l'île de la sagesse" et "Te Pito Kura, l'île de lumière" parus chez Les Éditions Sydney Laurent.

Un Commentaire

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    • Agnes

    • Il y a 5 mois

    Remarquable François Cheng.

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