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Où l’on apprend toute la cruauté de la dictature de Staline, « le Petit Père des peuples ». Après avoir écarté ses rivaux, il instaure en 1929, l’URSS, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. En supprimant la propriété des terres, il crée la collectivisation de l’agriculture et envoie dans des goulags, les « koulaks », des paysans ayant pu acquérir leur terre, mais aussi les opposants politiques, les anciens militaires, de nombreux groupes ethniques, les homosexuels et tous ceux qui étaient considérés, souvent de façon arbitraire, comme « ennemis du peuple ». Au total ce sont quelques 18 millions de personnes qui seront envoyés aux goulags de 1920 à 1960. Dans ces camps de travail forcé, dans un climat arctique aux températures ultra-négatives, la solitude, la souffrance, la maladie, la faim et la violence sont le lot quotidien des forçats staliniens. Beaucoup y laisseront la vie, les rescapés connaitront la souffrance d’une réadaptation difficile.

C’est la toile de fond du roman d’Isabelle Autissier « Oublier Klara » paru chez Stock en 2019. Elle nous fait suivre une enquête qui commence à Mourmansk au nord du cercle polaire et s’achève en Nouvelle Zemble, un archipel russe des mers de Barents et de Kara, dans l’île de Sipaeïevna, encore nommée « île au rennes. Dans la brumes arctique, Isabelle décrit l’oppression stalinienne des nenets, ces tributs vivants dans des tchoums au fond de la toundra. On ne peut que ce souvenir d’un autre roman, « L’amant de Patagonie » ou Isabelle restituait l’élimination des indiens Onas pour satisfaire les intérêts coloniaux et économiques des pays européens.

Crédit photographique pour le portrait d’Isabelle Autissier : Valérie Domain

Résumé du livre

« Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d’hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient en vie : alors qu’il n’était qu’un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l’époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu’est-elle devenue ? L’absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s’exile en Amérique, tournant la page d’une enfance meurtrie.
Mais à l’appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l’Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ?
Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins. Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage ».

Quatrième de couverture Éditions Stock

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Jean Louis Pélissier est l'auteur des deux romans "Sabiduria, l'île de la sagesse" et "Te Pito Kura, l'île de lumière" parus chez Les Éditions Sydney Laurent.

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